Kate Morton, Les Heures lointaines

716wVE+vg1LTroisième roman de l’écrivaine australienne Kate Morton, c’est le dernier qui me restait à lire d’elle (en attendant la sortie en poche de son dernier livre en date, La maison du lac), c’est également celui qui a suscité le plus de critiques négatives de la part de ceux qui l’ont lu. Ennuyeux, trop long, trop descriptif, voilà semble-t-il les critiques les plus souvent formulées à l’égard de ce roman.

Alors, ai-je été déçue ?

Sans plus de suspense, autant le dire tout de suite. J’ai beaucoup aimé. Sans doute moins que « Le jardin des secrets » et « La scène des souvenirs », parce que ce roman est plus lent, plus descriptif, que les événements s’enchaînent moins que dans les autres romans de Kate Morton. Cela peut dérouter, voire même faire détester ce roman à certains lecteurs.

Personnellement, j’ai été emportée par la plume de Kate Morton et par son talent pour créer des univers, des atmosphères qui me transportent. Mystérieux, sombre, mélancolique, étrange, voilà sans doute les qualificatifs qui me viennent à l’esprit pour dépeindre l’atmosphère qui se dégage des lieux et des personnages brossés par la romancière. Avec elle, je me suis retrouvée dans les coins sombres et mystérieuses de Milderhurst Castle, en compagnie des énigmatiques soeurs Blythe.

En 1992, la narratrice, une Londonienne d’une trentaine d’années passionnée de littérature, Edie Burchill, est le témoin d’une scène pour le moins incroyable. Sa mère, Meredith, reçoit une lettre datée de 1941 d’une certaine Juniper Blythe. Intriguée par la réaction de sa mère, avec laquelle elle entretient une relation plutôt distante, Eddie se retrouve à s’interroger sur le passé de sa mère. Elle apprend alors qu’en 1939, la jeune Meredith a été évacuée de Londres et a vécu pendant deux ans dans un château, Milderhurst Castle. Là, elle y a été accueillie par les jumelles Blythe, Percy et Saffy et s’est liée d’amitié avec la 3e soeur Blythe, la mystérieuse Juniper. Et puis, Edie apprend également que Milderhurst Castle était la propriété du romancier Raymond Blythe, auteur d’un livre culte qui a fait d’Edie une passionnée de littérature « La mystérieuse histoire de l’Homme de boue ».

Le lecteur, comme Edie, s’interroge au fil du livre. Quels secrets cachent les deux jumelles Blythe ? Que s’est-il passé ce soir d’orage d’octobre 1941 pour que Juniper perde la raison ? Qu’est devenu le fiancé de Juniper ? Pourquoi Meredith n’a t-elle jamais parlé à sa fille de son séjour à Milderhurst Castle ? Et d’où Raymond Blythe a t-il puisé son inspiration quand il a écrit cette histoire étrange et terrifiante de l’Homme de boue qui sort des douves du château ? Quels secrets murmurent les pierres du château, ces fameuses heures lointaines qu’on entend encore parfois résonner ?

 

En ce moment… (1)

Je lis…

9782709656108-001-x_0-1.jpegLe Jardin d’hiver de Jane Thynne. Après avoir fini le premier volume de cette série (Les roses noires, je vous en reparle plus longuement très vite), j’avais très envie de continuer à suivre Clara Vine dans l’Allemagne nazie des années 1930. Cette série de romans historiques, mêlant espionnage, policier et un tableau très détaillé et passionnant de l’Allemagne nazie en 1933 (pour le premier roman) et 1937 pour celui-ci. C’est sans doute le côté historique qui me séduit le plus, car ces romans nous font plonger dans la vie quotidienne de l’Allemagne nazie, et au plus près des principaux responsables du pouvoir. Et puis, ce que j’apprécie aussi beaucoup, c’est que les intrigues traitent souvent de thèmes axés sur les femmes.

 

J’ai dans ma PAL…

Je ne vais pas manquer de lectures dans les prochaines semaines… comme vous allez le voir, il y a des auteurs incontournables pour moi (Kate Morton, Katherine Webb), des découvertes, des idées piochées sur Goodreads ou chez les copines du net et pas mal de romans avec une intrigue historique et/ou des intrigues familiales (on ne se refait pas…!)

  • Jenna Blum, Ceux qui nous sauvent

Roman découvert grâce à Goodreads, un livre sous fond de Seconde guerre mondiale qui m’a été suggéré au vue de mes lectures et envies du moment. Cette période un thème qui m’a toujours beaucoup intéressé et j’ai lu beaucoup de livres à ce sujet. Ce qui m’a séduite notamment dans le résumé, c’est de découvrir une histoire du côté allemand.

téléchargement (1)Anna Schlemmer a toujours refusé d’évoquer sa vie en Allemagne pendant la Seconde Guerre mondiale. Trudy, sa fille, n’avait que trois ans lorsqu’un soldat américain les emmena avec lui dans le Minnesota, et n’a donc que peu de souvenirs de cette époque. Mais elle trouve, parmi les photos de famille, un cliché la montrant avec sa mère aux côtés d’un officier nazi. Cet homme était-il l’amant d’Anna? Est-il son père biologique ? Devenue professeur d’histoire allemande, Trudy veut connaître la vérité et, dans le cadre de ses travaux universitaires, elle recueille les témoignages d’Allemands de Minneapolis qui ont vécu la guerre, tentant ainsi désespérément de faire la lumière sur le passé de sa mère…

  • Robert Galbraith, L’appel du coucou

C’est le premier des romans policiers  de JK Rowling sous le pseudonyme de Robert Galbraith. Autant l’avouer tout de suite, je n’ai jamais lu la saga Harry Potter de JK Rowling. En revanche, le genre policier est un genre que j’affectionne particulièrement et c’est donc poussée par la curiosité et motivée par les nombreuses critiques positives lues ici ou là que j’ai acheté ce roman.

514YtfEILoL._SX307_BO1,204,203,200_.jpgUne nuit d’hiver, dans un quartier chic de Londres, le célèbre mannequin Lula Landry est trouvée morte, défenestrée. Suicide. Affaire classée. Jusqu’au jour où l’avocat John Briscow, frère de la victime, frappe à la porte du détective privé Cormoran Strike. Strike est au bout du rouleau : ex-lieutenant dans l’armée, il a perdu une jambe en Afghanistan, sa carrière de détective est au point mort et sa vie privée un naufrage. Aidé par une jeune recrue intérimaire virtuose de l’Internet, Strike est chargé d’enquêter sur la mort de Lula. De boîtes de nuit branchées en hôtels pour rock-stars assaillies par les paparazzi, en passant par un centre de désintoxication et le manoir où se meurt la mère adoptive de Lula, Strike va passer de l’autre côté du miroir glamour de la mode, dont les reflets chatoyants dissimulent un gouffre de secrets, de trahisons, de manœuvres inspirées par la vengeance.

  • Joyce Maynard, Les filles de l’ouragan

Voilà un auteur que je ne connais pas encore, mais à force d’en lire des éloges chez ma copine Zadig, j’avais vraiment envie de me laisser tenter !

41FyS+Yh6nL._SX298_BO1,204,203,200_Elles sont nées le même jour, dans le même hôpital, dans des familles on ne peut plus différentes. Ruth est une artiste, une romantique, avec une vie imaginative riche et passionnée. Dana est une scientifique, une réaliste, qui ne croit que ce qu’elle voit, entend ou touche. Et pourtant ces deux femmes si dissemblables se battent de la même manière pour exister dans un monde auquel elles ne se sentent pas vraiment appartenir. Situé dans le New Hampshire rural et raconté alternativement par Ruth et Dana, Les Filles de l’ouragan suit les itinéraires personnels de deux ‘soeurs de naissance ‘, des années 1950 à aujourd’hui

  • Kate Morton, Les heures lointaines

Je vous ai déjà parlé à de nombreuses reprises de mon amour inconditionnel pour les romans de cette Australienne…! En attendant la sortie en poche de son dernier livre (qui vient de paraître en France pour les impatient(e)s), il me reste encore celui-ci à découvrir !

51pzPLPpGBL._SX297_BO1,204,203,200_Tout commence par une lettre égarée pendant près d’un demi-siècle et qui ne parviendra que bien des années plus tard à sa destinataire… Lorsqu’elle reçoit un courrier en provenance du Kent qui aurait dû lui arriver cinquante ans auparavant, Meredith Burchill révèle à sa fille Edie un épisode de sa vie qu’elle avait gardé secret jusqu’alors. En septembre 1939, comme beaucoup d’autres enfants, Meredith avait été évacuée de Londres et mise à l’abri à la campagne. Recueillie par des aristocrates du Kent dans le château de Milderhurst, elle était devenue l’amie de l’excentrique et talentueuse Juniper, la cadette de la famille. Pourquoi Meredith a-t-elle dissimulé son passé à sa propre fille ? Et pourquoi n’est-elle pas restée en contact avec Juniper, devenue folle après avoir été abandonnée par son fiancé ? Afin de reconstituer le puzzle de son histoire familiale, Edie se rend au château de Milderhurst dont les vieilles pierres cachent plus d’un secret.

  • Joanna Smith Rakoff, Mon année Salinger

Ce roman, présenté comme une sorte de « Diable s’habille en Prada » dans l’édition, m’a surtout attirée parce que, malgré des défauts, j’avais bien aimé le premier roman de cette jeune écrivaine américaine (Le plus bel âge). Ici, elle raconte ses débuts dans l’édition et ses premiers pas à New York.

51hgXTEa4QL._SX303_BO1,204,203,200_ New York, fin des années 1990. Joanna, jeune diplômée en Lettres, s’installe à Brooklyn : la bohème, les cafés, les lofts. Elle trouve un poste d’assistante dans une prestigieuse agence littéraire. Chaque jour, elle quitte l’appartement minuscule qu’elle occupe avec son petit ami, pour se rendre sur l’éblouissante Madison Avenue et retrouver L’Agence : ses illustres clients, l’antique dictaphone et la machine à écrire qui trônent encore sur son bureau. Mais aussi, et surtout, sa patronne, une femme de tête aussi fantasque que charismatique… Et le fantôme de Salinger, gigantesque.

  • Katherine Webb, La vérité à propos d’Alice

Je vous ai parlé du premier roman de Katherine Webb que j’ai lu il y a quelques semaines, et comme j’ai beaucoup aimé, j’ai acheté deux autres romans de cette écrivaine que j’ai hâte de dévorer !

418KmBLagaL._SX303_BO1,204,203,200_Angleterre, 1821. En épousant Richard, Rachel Crofton croyait enfin échapper à son destin de gouvernante. Mais derrière le commerçant affable se cache un homme colérique et opportuniste… Pour tromper l’ennui, Rachel accepte la proposition de lady Alleyn de lui faire rencontrer son fils reclus, Jonathan, vétéran de la guerre d’Espagne. Dès sa première visite, Rachel comprend que les apparences masquent de profondes failles : pourquoi Jonathan réagit-il si vivement à sa vue ? Qui était Alice, sa fiancée disparue et à qui Rachel ressemble si fortement ? Décidée à percer le secret de la maison Alleyn, Rachel n’a bientôt plus qu’une idée en tête : découvrir la vérité à propos d’Alice…

  • Katherine Webb, Pressentiments

51nspw1L1tL._SX303_BO1,204,203,200_En 2011, Ypres, en Angleterre, est le théâtre d’une surprenante découverte : le corps d’un soldat de la Grande Guerre est retrouvé, parfaitement conservé. Dans ses poches, deux lettres signées H. Canning. Qui était ce soldat inconnu ? Leah, journaliste, est chargée de mener l’enquête. Un siècle plus tôt, dans une tranquille bourgade du Berkshire, le révérend Albert Canning et sa naïve épouse Hester vont voir leur vie bouleversée par l’arrivée de deux curieux personnages : Cat, la nouvelle bonne, jeune femme secrète et indépendante, envoyée à la campagne après une affaire qui l’a conduite en prison ; et Robin Durrant, troublant jeune homme versé dans les sciences occultes. Tensions, désirs, frustrations… En cet été caniculaire, le drame couve dans la maison Canning. Un drame si terrible que des générations plus tard, ses conséquences se font encore ressentir…

  • Lauren Willig, Ashford Park

Là encore, une « trouvaille » Goodreads, moi qui aime tant les intrigues familiales sur fond d’Histoire. J’espère ne pas être déçue !

51MIjXT0a4L._SX301_BO1,204,203,200_Lorsqu’elle arrive à Ashford Park en 1905, Addie, jeune orpheline londonienne, n’a que 5 ans. Et si son oncle et sa tante l’accueillent dans la plus grande indifférence, la fillette passe une enfance heureuse auprès de sa cousine, la belle et audacieuse Bea. Entre elles deux, naît une amitié indéfectible que seule la Grande Guerre parvient à briser : Addie s’engage comme infirmière quand Bea fuit l’Europe avec Frederick, l’homme dont sa cousine est pourtant follement éprise. Bien des années passent sans que les jeunes femmes ne se donnent de nouvelles, jusqu’au jour où, contre toute attente, Bea supplie Addie de la rejoindre au Kenya. Un voyage qui changera le cours de son destin…

  • Sara Young, Dans le berceau de l’ennemi

Là, j’ai eu une petite hésitation car les ficelles de l’intrigue me semblent un peu trop grosses à vrai dire ! Mais, j’ai finalement craqué car je suis en pleine période « romans sur l’Allemagne nazie » et que les lebensborn est un pan de l’Histoire encore trop méconnu et qui m’a toujours beaucoup intéressé. A voir donc, je ne manquerais pas de vous en parler quand je l’aurais lu !

51rdWQ-WvKL._SX303_BO1,204,203,200_1940. À moitié juive par son père, Cyrla a 19 ans quand elle quitte sa Pologne natale pour rejoindre son oncle et sa tante dans la petite ville de Schiedam en Hollande. Mais le pays est occupé et la menace d’une dénonciation plane… Sa cousine Anneke, à qui elle ressemble trait pour trait, succombe à un avortement raté. Sa tante lui propose alors de prendre son identité : elle bénéficiera ainsi de papiers officiels qui la mettront à l’abri des délateurs. Mais cela signifie aussi quitter Isaac, celui qu’elle aime et dont elle attend un bébé. Et, surtout, rejoindre le Lebensborn où Anneke était censée mettre au monde l’enfant d’un officier de la Wehrmacht. Cyrla n’a plus le choix : pour survivre, elle va devoir trouver refuge dans le berceau de l’ennemi.

Et vous, vos envies lecture ? Qui y a-t-il dans votre PAL ?

 

 

Katherine Webb, L’Héritage

9782266230841Résumé : Quand elles étaient enfants, Erica Calcott et sa sœur Beth passaient toutes leurs vacances à Storton, le manoir de leur grand-mère Meredith. Jusqu’au jour où leur cousin Henry disparaît, brisant d’un coup la famille et plongeant Beth dans une intense dépression. Vingt-cinq ans plus tard, Meredith vient de mourir et les sœurs Calcott reprennent le chemin de leur enfance. Tandis que Beth s’enfonce davantage dans la souffrance, Erica entreprend de trier les affaires de leur aïeule et tombe sur une photo de leur arrière-grand-mère Caroline avec un petit garçon dans les bras. Qui est-il ? Et, surtout, qu’est-il devenu ? Erica décide de fouiller l’histoire de ses ancêtres, et notamment celle de Caroline. Elle est loin d’imaginer qu’elle s’apprête à mettre au jour leur véritable héritage, un secret si douloureux que quatre générations plus tard, les sœurs Calcott en portent encore le fardeau…

Dans ce roman, nous suivons, par alternance le parcours de trois femmes de la famille Calcott. Tout d’abord, Erica et Beth, deux soeurs qui héritent, après le décès de leur froide et revêche grand-mère du manoir familial où elles avaient l’habitude de passer leurs vacances. Storton Manor était donc pour elles le lieu de leurs jeux d’enfance, en compagnie de Dinny, un jeune gitan. Malgré les interdictions de Meredith, leur grand-mère, Beth, Erica et Dinny étaient inséparables. Jusqu’au jour où leur cousin Henry disparaît dans des circonstances mystérieuses. De retour à Storton Manor, les souvenirs affluent, Dinny est toujours là, et Erica cherche alors à tout prix à comprendre ce qui s’est passé ce jour d’été où leur cousin a disparu. Les relations entre Beth, la soeur aînée fragile, et Erica, la narratrice, sont aussi très touchantes et il est souvent aisé de s’identifier à Erica au fil de la lecture.

En parallèle, Katherine Webb nous raconte la vie de Caroline, leur arrière-grand mère au début du XXe siècle. J’ai beaucoup aimé l’histoire de Caroline et son évolution : de jeune fille naïve qui épouse un cow-boy par amour, comment est-elle devenue cette aristocrate anglaise froide, sévère et revêche, qui a, à son tour, fait de sa fille Meredith une femme intolérante et incapable d’aimer ?

A vrai dire, il est difficile de parler de ce livre sans en dévoiler l’intrigue. Deux mystères s’entremêlent dans ce livre : qui est  ce petit garçon photographié dans les bras de Caroline avant son arrivée en Angleterre au début du XXe siècle ? Qu’est-il arrivé à Henry Calcott, l’affreux cousin d’Erica et Beth ? Si le mystère de Caroline se révèle assez aisé à deviner, la révélation concernant le destin d’Henry m’a davantage surprise. Katherine Webb réussit à nous emmener avec elle, à nous surprendre, à tisser une histoire très bien construite où les pièces du puzzle finissent par s’accorder parfaitement. Elle réussit également à nous faire découvrir deux univers totalement différents : l’Ouest américain et la campagne anglaise. Avec néanmoins un point commun : la cohabitation entre Caroline et les Indiens dans l’Ouest américain, celle de la famille Calcott avec les Dinsdale, une famille de gitans qui vit sur la propriété depuis le début du XXe siècle, qui interroge sur la tolérance, la différence entre les cultures, la cohabitation de communautés très différentes. Les deux intrigues se rassemblent, se lient au fur et à mesure du roman et on comprend de mieux en mieux la complexité des relations entre Erica, Beth et Dinny Dinsdale, leur ami d’enfance.

On retrouve chez Katherine Webb beaucoup de ce que j’aime tant chez Kate Morton à vrai dire : des secrets de famille, des intrigues entremêlées dans le temps. C’est le premier livre de cette auteure que je lis, et je pense que ce n’est pas le dernier, car j’ai beaucoup aimé ce livre. Au fil de la lecture, il devient très difficile de le refermer, tant on a envie de connaître la fin.

Kate Morton, Le jardin des secrets

Kate Morton est une valeur sûre à mes yeux, une auteure que j’ai découvert il y a plus d’un an et dont je suis tombée amoureuse. Chez elle, j’aime l’écriture, le style, sa capacité à nous transporter à des époques différentes, à tisser des intrigues d’une main de maître. Oserais-je avouer même que je l’envie un peu aussi, elle a à peine 40 ans et écrit des romans que j’aurais rêvé de pouvoir écrire. D’elle, j’avais donc lu deux petits bijoux qui m’ont happé, transporté, deux livres que je n’arrivais pas à lâcher et qui m’ont aussi beaucoup ému : Le manoir de Riverton (The house at Riverton) et La scène des souvenirs (The secret keeper). Alors, ce jardin des secrets ?

the-forgotten-garden-kate-mortonDans ce roman, Kate Morton s’inspire un peu de son histoire familiale car l’histoire de sa grand-mère rejoint un peu celle de Nell, une des héroïnes de l’intrigue. On se promène, au fil de l’intrigue, des années 1900 à 2005, en passant par les années 1970, pour suivre l’histoire entremêlée de quatre femmes : Eliza, Rose, Nell et Cassandra. Comme souvent dans les romans de Kate Morton, il y a des secrets de famille, des mystères, des destinées incroyables. Il faut un véritable talent pour parvenir à écrire une telle intrigue, à esquisser tant d’intrigues qui finissent par s’imbriquer, se nouer de façon remarquable. Difficile de résumer l’intrigue donc, sans en dévoiler une partie. Je me contente donc de la 4e de couverture pour cette fois-ci (même si, d’expérience, je sais que celles-ci ne sont pas toujours exemptes de révélations majeures…). L’intrigue, donc, la voici. En 1913, sur un bateau en partance pour l’Australie se trouve une petite fille de quatre ans, seule et terrorisée. Le navire lève l’ancre et elle se retrouve à Brisbane. Si le secret de son débarquement est religieusement gardé par ses parents adoptifs, ceux-ci décident, le jour de ses 21 ans, de révéler à Nell les circonstances étranges de son arrivée dans la famille. Les questions se bousculent alors. Bouleversée, elle va devoir entreprendre un long voyage vers ses origines qui va l’emmener en Cornouailles. Une quête difficile pour lever le voile sur près d’un siècle d’histoire familiale…

J’ai dévoré ce livre en quelques jours, malgré ces quelques 700 pages, et il m’a semblé de plus en plus difficile de refermer le livre chaque soir. Un véritable coup de cœur. J’ai terminé ma lecture émue et touchée par l’histoire de ces femmes et l’ambiance mystérieuse et gothique du roman. Le dénouement, bien que je l’ai deviné totalement aux trois-quarts du livre, reste un moment fort, comme souvent chez Kate Morton et c’est avec beaucoup d’émotions que j’ai refermé ce livre. Kate Morton a le don de se renouveler tout en restant fidèle à ce que j’aime chez elle : des destins de femmes, des tranches d’Histoires imbriquées les unes aux autres, des mystères, des secrets dévoilés au fil des pages.

Il me reste donc deux romans de Kate Morton à lire : Les Heures lointaines (qui m’attend bien sagement dans ma bibliothèque) et La maison du lac qui sort ces jours-ci en France et dont je vais attendre la sortie en poche pour le découvrir et le dévorer avec grand plaisir, je n’en doute pas un instant.

Pour finir, je vous conseille aussi d’aller faire un tour sur son compte Instagram, qui nous emmène sur les traces de l’écrivaine et dont certaines photos ne sont pas s’en rappeler les décors et les lieux de ses romans…🙂

Kate Atkinson, Une vie après l’autre

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Kate Atkinson, je l’ai découverte il y a longtemps avec son premier roman (que je vous conseille de lire d’ailleurs) Dans les coulisses du musée. Malgré plusieurs livres qui m’ont déçu ou que je n’ai pas lu par manque d’envie, j’ai continué à suivre ce qu’elle publiait. Et quand j’ai vu le résumé de ce roman, j’ai eu tout de suite très envie de le lire. Et grand bien m’en a pris car j’ai énormément apprécié ce roman et j’y ai retrouvé le brio de la plume de Kate.

Ursula Todd naît en 1910 pendant une tempête de neige, s’étouffe avec son cordon et meurt. Et renaît. Cette fois, l’accouchement se passe sans heurts, Ursula vit.
Enfant, Ursula va mourir noyée, victime de la grippe espagnole. Puis, adulte, elle va mourir battue par son mari. Dans une autre vie, c’est les bombardements du Blitz de Londres qui auront raison de sa vie.
A chaque mort, Ursula renaît. Plus ou moins consciente des choix du passé, de ses morts. Elle fait des choix qui parfois changeront tout. Parfois, c’est un simple détail qui va faire basculer tout son destin. Parfois, elle contrôle sa vie, ses choix, parfois, c’est le destin, le hasard.

Entre Londres et l’Allemagne, des années 1910 aux années 1960, on suit la famille Todd qui semble vivre mille fois cette période si dense et si troublée. Kate Atkinson nous fait voyager avec brio dans de multiples décors et périodes, de la campagne anglaise au Londres sous le blitz.

C’est un livre original, très bien écrit, ingénieux. Ce roman fait réfléchir sur le destin, sur le rôle de petits événements anodins, mais qui finissent par transformer une vie. Peut-on vraiment être maître de son destin ? Sommes-nous à la merci du hasard ? Dans ce roman, Kate Atkinson montre que bien souvent, les éléments indépendants de notre volonté ont autant d’influence que nos choix.

Malgré quelques longueurs, et une fin qui m’a laissé un sentiment étrange (mais la vie d’Ursula peut-elle vraiment avoir une fin ?), c’est un livre que j’ai énormément aimé. Et que je conseille vivement.

Kate Atkinson n’a d’ailleurs pas fini de nous conter la vie de la famille Todd car son dernier roman en date, A God in Ruins raconte l’histoire de Teddy Todd. J’attends la sortie en français avec une certaine impatience à vrai dire…🙂

Le premier chapitre

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D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours aimé lire. Quand j’étais gamine, j’avais beaucoup de livres, et j’aimais beaucoup ça. Je me souviens encore de mes albums d’Ernest et Célestine ou de l’histoire du lapin qui n’aimait pas les carottes. Je lisais beaucoup, et souvent, les samedis, on allait à la bibliothèque municipale. Pour mes 8 ans, mon grand-père paternel m’avait fabriqué une bibliothèque blanche en bois que j’avais rempli de romans Castor Poche. Plus tard, j’ai commencé à fouiller dans la bibliothèque de mes parents. J’y ai découvert Japrisot et son Long dimanche de fiançailles, les romans autobiographiques de Christine Arnothy. J’ai beaucoup lu, et j’ai beaucoup relu aussi. Je ne compte pas le nombre de fois où j’ai ouvert Les quatre filles du Dr March, Papa Longues Jambes, Matilda ou Alice au pays des merveilles.

Avec la fac, et puis surtout après le concours et mes premières années de prof, j’ai moins lu. En tout cas durant l’année scolaire. Passer sa journée dans les livres, les copies, les bulletins, il m’était plus difficile de lire aussi souvent que j’aurais aimé. L’été, je me rattrapais en enchaînant cinq ou six romans. Et puis, depuis deux ans, la lecture a repris une plus grande place dans ma vie. On m’a offert un Kindle, j’ai de nouveau acheté plus de livres, et il ne se passe pas un jour sans que je ne tourne quelques pages du roman du moment.

Alors, j’ai eu envie de cet espace pour partager mes lectures, mes coups de cœur, mes réflexions,  mes envies. Bref, pour parler de livres, de personnages, d’univers, d’intrigues.

Je suis une lectrice sans contraintes, sans barrières. Je marche à l’envie, au coup de cœur. J’aime acheter des livres, sans forcément les lire tout de suite. Parfois, ils vont passer de longs mois sur une étagère, parfois, je les dévore à peine reçu. Je suis de celles qui pensent qu’il n’y a pas de lectures honteuses, de meilleures lectures que d’autres. Le plus important, c’est de lire, encore, et toujours.

Comme le dit si bien Daniel Pennac dans ses dix droits du lecteur…

1. Le droit de ne pas lire
2. Le droit de sauter des pages
3. Le droit de ne pas finir un livre
4. Le droit de relire.
5. Le droit de lire n’importe quoi
6. Le droit au bovarysme
7. Le droit de lire n’importe où
8. Le droit de grappiller
9. Le droit de lire à haute voix
10. Le droit de nous taire

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